Rencontre avec Matthieu Loos de la Cie Combats Absurdes

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20 mars 2017 par nouvellesrepliques

La compagnie existe depuis Le 08/09/10.

J’ai fondé cette compagnie pour pouvoir produire mes projets en tant que metteur en scène. Je suis passionné par l’improvisation. Notre tout premier spectacle tournait autour de l’œuvre d’Eugène Ionesco. C’est à l’occasion de ce projet que j’ai « récupéré » une ancienne association que j’avais créé à l’époque, qui s’appelait déjà « Combats absurdes » et qui s’était créée au départ pour lutter pour des causes fondamentales telles que celle contre le pantacourt, le chewing gum et le prénom Jeremy. Travailler sur Ionesco était l’occasion de transformer cette association initiale en compagnie de théâtre.

Je suis d’origine strasbourgeoise, j’ai fait des études de physique et de théâtre. Je suis passionné de physique, je suis excité à l’idée de représenter le monde.

Arrivé à Lyon, j’étais donc à la fois ingénieur de recherche en physique, et comédien. Je me sentais frustré. J’ai fait le choix d’être un artiste et de parler, entre autre, de science. Je suis devenu metteur en scène à l’occasion du projet Ionesco.

Mon terreau théâtral a été l’univers des ligues d’improvisations, troupes de théâtre amateur.es, créations collectives.

NR – Quel est l’axe artistique de la compagnie ?

ML – Nous avons travaillé sur des œuvres de plusieurs auteurs, Jon Fosse, Edward Albee, Jean Luc Lagarce… auteurs contemporains, dramaturgies poétiques. Certains sujets me passionnent, notamment ceux qui se situent aux frontières de ce qu’on comprend, notamment sur la notion de temps (spectacle Vertige).

Je crois que le temps n’existe pas mais que la sensation du présent existe et c’est ce que je cherche dans l’improvisation: elle permet d’avoir cette impression fugace du présent. Je suis intrigué aussi par des thématiques sociales, sur l’intercompréhension notamment : ce qui fait que miraculeusement, on arrive à se comprendre. A ce titre, j’ai produit des spectacles qui sont en plusieurs langues; la compréhension se fait au-delà de ces langues mélangées.

A ce propos je travaille beaucoup avec l’international. J’aime créer avec des personnes qui n’ont pas ma culture.  Faire ensemble construit l’identité commune, l’identité européenne par exemple.

Je m’intéresse aussi à la vie dans l’entreprise, la manière dont les employé.es articulent la performance et la quête de sens et de bonheur. Je pense qu’on a de la chance en tant qu’artiste à réfléchir au sens de ce qu’on fait professionnellement, je m’interroge sur ça dans le monde du travail plus globalement.

NR – Quelle est la composition de la compagnie ?

ML – la compagnie accueille une salariée en chargée de production et relations publiques. Moi je m’occupe de la gestion, de la direction des projets et je suis interprète. On est les deux à être liés à tous les projets. Il n’y a pas de troupe fixe inter-projets, il y a une distribution par projet avec des personnes qu’on retrouve sur plusieurs projets notamment éclairagiste, scénographe, compositeur de musique. Nous sommes plusieurs metteur.es en scène.

Personnage

NR – Etes-vous subventionné.es ?

ML – Nous n’avons jamais eu de subvention de fonctionnement mais nous avons toujours été subventionné.es pour nos projets dès les premières créations ( soutiens du Fiacre/ Région Rhône Alpes – Europe). Nous recevons aussi des financements privés, notamment d’entreprises (on travaille en recherches documentaires auprès des employée.es, on filme, enregistre et organisons des ateliers d’écriture puis créons sur cette base).

Je revendique notre liberté de point de vue vis-à-vis des personnes qui commandent des projets en entreprise. Nous créons ce que nous créons, ce que nous observons et pensons. A partir de notre point de vue. Je ne crois pas au financement tout public de la culture et je ne le souhaite même pas. Je pense important de rester connecté.es les un.es aux autres, y compris avec des entreprises.

NR- Quel regard portes tu sur les jeunes compagnies ? Dirais tu que Combats absurdes fait partie des nouvelles compagnies sur la place locale ?

ML – La question de l’ »émergence » ne m’occupe pas l’esprit. La compagnie a 6 ans, mais je travaille dans le théâtre depuis plus longtemps de cela. Le système est organisé de telle sorte qu’au début, pour les premières créations, il apparaît qu’il faille créer dans des espaces qui correspondent aux théâtres indiqués dans les premières créations. Il existe des lieux à Lyon qui ont cette mission d’accueillir les jeunes compagnies mais il y a un fossé immense entre ces espaces possibles pour les jeunes créations et les gros lieux de théâtre public. Entre les deux, il y a une nébuleuse de compagnies qui n’ont pas de place ni dans l’un, ni dans l’autre. Je ne me sens ni émergent, ni émergé. Je vais au théâtre voir ce qui m’intéresse sans me poser la question de l’âge de la compagnie.

Propos recueillis en décembre 2017

 

 

 

 

 

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