Le ciel Brûle – Le Lavoir, Lyon

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10 février 2017 par nouvellesrepliques

LE CIEL BRÛLE/ MARINA TSVETAIEVA, OSSIP MANDELSTAM, ALEXANDRE BLOK

Mise en scène : Anaïs Cintas

Compagnie Les Montures du temps

Lecture, Chant : Camille Regnier-Villard

Musique : Pierrick Monnereau

La Russie, fin XIXème siècle. La fin d’une ère Tsarienne en déclin, le début d’une autre, industrielle, teintée de guerres, de sang et de révolutions. A travers les vers de trois poètes.esses, c’est tout le bouleversement violent du début XXème siècle qui s’est joué au Lavoir Public le 31 janvier et 1 février dernier.

Une scène-arène entourée de sièges, au centre le lavoir avec, au sol, des dates au gaffer blanc. A une extrémité une caisse claire, une table de mix, un micro, un violon, un ordinateur et une enceinte, de l’autre un micro et une autre caisse claire. Une ambiance intimiste pour une quarantaine de personnes venue assister à un objet théâtral intriguant. Tous ces éléments posent ce qui sera l’ambiance de ce spectacle court de 40 minutes. Juste avant de commencer, la metteuse en scène nous invite à nous laisser porter par nos sens plutôt que par notre seul intellect.

Des jeux de rythmes musicaux, de mots, une lumière crue au plateau, qui amène de la froideur et de la dureté sur ce qui se dit et se joue : un long poème constitué de bribes des trois auteurs.es russes avec une vision commune menant droit vers la Grande Guerre et les Révolutions russes.

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Les sons électro et les passages de chant viennent sublimer l’espace jeu, tantôt dissonants, tantôt harmonieux, le cœur navigue comme sur une mer en pleine tempête. Le sens des mots s’efface sans pour autant se perdre. Puis, martelé d’instants brutaux de percussion sur les caisses claires, un jeu d’entrechocs résonne dans tout l’espace clôt du Lavoir.

Il n’y a pas un personnage sur scène mais un flot de paroles et de sons, une oppression poétique dynamique, explosive, précise, efficace et habitée. C’est cette poésie qui rythme le verbe et non l’inverse. Les effets de réverb donnent de la force au vers, de la force à la voix. Il y a la puissance et le vide qui cohabite : des pulsations de vie pour ne pas mourir ? Une urgence du vers pour vivre ? Echapper aux inéluctables révolutions et ses violences ? Vivre les guerres ? Toutes ces pensées fusent sans s’arrêter pour se laisser envahir par de multiples émotions indescriptibles, tous nos sens sur le qui-vive.

Et puis, alors que les visions prophétiques de ces poètes.esses se déplient au fur et à mesure, la voix se mêle entièrement à la musique pour une chanson libératrice d’une profonde force poétique. Il y a alors comme un quelque chose de totémique, de purgateur.

C’est un spectacle composé comme de la musique mais avec des mots, des sons, des sens, des envies et des ennemis : le ciel brûle d’étoiles comme ce spectacle brûle de vie, de passions de vivre.

 

Sylvain MENGES

 

 

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