Rencontre avec Charly Marty de la Cie des Indiens

Poster un commentaire

22 mars 2015 par nouvellesrepliques

Nouvelles Répliques – Bonjour, qui est Charly Marty?

Charly Marty – Je suis comédien de formation et je mets en scène des spectacles. J ai été élève de la première promo du conservatoire de Lyon, il y a 8 ans. On était une sorte de promo test pour le conservatoire. J ai eu de la chance car de ce fait, nous avons été très médiatisés au niveau de Lyon, et au sortir de la formation j’ai pu avoir du travail tout de suite.  La promo a engendré plusieurs compagnies ; la Compagnie de La Meute notamment. A la fin de la formation de conservatoire, nous devions mettre en scène une pièce. A l’époque j’avais mis en scène une pièce de Marivaux. J’avais du mal à trouver la forme théâtrale qui me convenait. J’ai fini par en faire « un concert de théâtre », et j’ai nommé ce spectacle Spleen, que nous avons joué au théâtre de l’Elysée. Les choses ont évolué, le directeur nous a fait confiance et l’année suivante j’ai pu mettre en scène un projet nommé Opérette de Gombrovitcz avec une vingtaine d’acteurs.

A l’occasion d’Opérette, J’ai pu me rendre compte des premières réalités de la production: les programmateurs qui viennent voir le travail, mais qui nous disent qu’ils vont être attentifs aux prochaines créations, et peut – être qu’ils programmeront le prochain spectacle, ou encore celui d’après.

J ai eu l’occasion de faire des mises en scènes pour d autres compagnies. Je fais partie de deux festivals, le Festival de Caves et celui des Nuits de Joux (l’an passé, j’y ai mis en scène Yvonne Princesse de Bourgogne de Gombrovicz).

NR – Parle nous de la Compagnie des Indiens

CM – La Compagnie des Indiens fut montée en février 2013, après Opérette qui mettait en scène une vingtaine de personnes, le nouveau projet que je mettais en scène, le premier de la Compagnie des Indiens était un spectacle solo, donc une forme totalement différente : Charly Chanteur, qui est un faux concert. On peut dire que le spectacle Vénus et Aphrodite que je viens de créer est vraiment le premier spectacle de théâtre manifeste de la compagnie. Maintenant il faut que cette compagnie écrive son histoire. Avec cette compagnie, j’ai la sensation de consolider les liens avec des artistes avec lesquels j’ai pu travailler sur des projets épars précédents. Je m’interroge bien souvent sur le concept de troupe. C’est compliqué aujourd’hui de composer des groupes de personnes qui ont la possibilité de travailler ensemble sur plusieurs projets de suite. Il y a plusieurs personnes pour ma part avec qui j’aimerais beaucoup re-travailler, mais qui sont eux mêmes pris dans de nombreux projets ici et là. La réunion des artistes est difficile, et la récurrence des collaborations est difficiles par nos époques.

Je sens néanmoins que les artistes tentent de résister à cet individualisme artistique qui a cours ; on voit des collectifs se former, des groupes tenter de se rassembler.

NR – Parle nous du projet V et A

CM – Ce texte met en présence Vénus et Adonis, mais un Adonis très jeune, plus intéressé par la chasse que par l’amour. La première partie est beaucoup axée sur le texte de Pierre Kuentz. Il a surtout travaillé sur la partie qui relie Vénus et Adonis dans leur amour, sur le désir de Vénus pour Adonis. La deuxième partie traite de la lamentation de Vénus après la mort d’Adonis qui a été tué par les sangliers qu’il voulait chasser. La troisième partie est une partie filmée, au bord de la mer.

logo les indiens

Au départ ; j’ai proposé une lecture du poème de Shakespeare Vénus et Adonis dans un bar à Paris dans le cadre des « Lectures du lundi ». Je me souviens de très beaux moments de silence et d’écoute. Est né ce désir de faire un spectacle sur ce texte. J’ai réuni une équipe au théâtre de Givors pour chercher ensemble. On a accumulé beaucoup de matière. Je voulais parler de beaucoup de choses. L’objectif était de faire des petites formes, ce que j’appelle des « tentatives » pour avancer et créer ensemble autour de ce texte. Nous avons pu trouver des mises à disposition de théâtre, mais sans prise en charge de l’hébergement de l’équipe. Le spectacle a finalement été créé fin novembre à Givors.  Pour ce projet, j’ai obtenu une subvention de 1000 euros de la ville de Lyon. Nous avons pu être programmés sur trois dates dans trois lieux (Centre Charlie Chaplin de Vaux en Velin, Théâtre de Givors ; Théâtre municipal d’Annonay). Nous avons donc fonctionné en contrat de cession pour chacune des dates. C’est très compliqué de pénétrer les différents lieux de programmation locaux. Les trois lieux qui m’ont programmé avaient vu le projet Charly Chanteur et avaient apprécié ; c’est sur cette base qu’ils ont fait confiance à ma nouvelle création.

Maintenant que nous avons joué ces trois dates, je constate que nous n’avons pas pu faire venir les programmateurs que nous espérions, ni la presse, nous avons eu un article du Blog Les trois coups, heureusement, mais nous n’avons pas rencontré d’autres journalistes. Cela tient beaucoup au fait que les dates étaient uniques, et dans trois lieux différents ; Je me suis beaucoup investi sur la communication et la diffusion du projet, pour convier les programmateurs aux dates, mais c’est très dur de faire ce travail en plus de tout le reste. J’éprouve souvent de la difficulté à « vendre » mon projet ; à dire à un directeur de lieu « mon spectacle est super, programmez le ». Pour moi c’est pas évident. Je suis content que les lieux qui nous ont fait confiance aient été des rencontres simples, des approches confiantes, un échange artistique et pas que commercial.

NR – Quel est ton lien avec les autres compagnies ?

CM – J essaie au maximum de voir le travail des autres compagnies. Je pense qu on pourrait se rencontrer encore plus. Comme je suis comédien je suis aussi souvent amené à partager le travail d’autres compagnies.

NR – Quel est ton regard sur la créations locales ?

CM – Je trouve que le panorama est assez riche ; il y a beaucoup de choses différentes, foisonnantes. Je travaille aussi avec des artistes d’autres territoires ; je me promène, avec le Festival de Caves, avec le Festival des Nuits de Joux.

Je me rends compte qu on a beaucoup de chance à Lyon d’avoir la présence des Scènes Découvertes. Je souhaite qu’on puisse se rencontrer plus entre compagnies, où on puisse passer au-delà de la compétition qui touche les compagnies. Malgré elles. J’aimerais que nous reprenions les Lectures du Mardi auxquelles je participais et qui se sont momentanément interrompues; pour reprendre le partage entre nous, produire un réel échange entre les artistes locaux. Si je pouvais souhaiter encore plus, je souhaiterais que les fonds de la culture augmentent, qu’ on ait une biennale du théâtre ; qu’on ait un théâtre qui soit spécialisé dans l’émergence, que les compagnies se réapproprient les théâtres qui sont nos maisons…

NR – Qu’est ce qu’on souhaite à la Cie des Indiens ?

CM– Qu’elle ait une histoire.

NR – Charlie Marty tient à remercier son équipe de création Pierre Kuentz, Léa Masson, Léopoldine Hummel, Pauline Huruguen, Charlotte Ligneau, Anaïs Mazan, Charles-Antoine Sanchez, Quentin Gibelin, Mathieu Plantevin, Gaspard Charreton, Simon Gras.

Propos recueillis en février 2015

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :