Rencontre avec la Compagnie de la Lune Noire et Carmel Petit, une de ses fondatrices.

Poster un commentaire

22 novembre 2014 par nouvellesrepliques

Carmel Petit – J’ai commencé par une formation à l’actorat de cinéma, mais j’ai fait une rencontre théâtrale qui m’a impressionnée et faite changer de cap pour me consacrer à la formation théâtrale.
A l’école de la Scène sur Saône de Lyon, j’ai pu acquérir des techniques de jeu burlesque, de théâtre contemporain. Les trois années de formation ont été riches et stimulantes. Nous avons pu travailler en stage avec des artistes locaux variés, de Yuval Pick à Jean Marc Avocat.
La dernière année de la formation a ménagé plus de temps aux créations des élèves, et j’ai donc commencé à concevoir des projets et à m’essayer à la mise en scène.
Ambre Cossali (que j’ai rencontrée à la Scène sur Saône) et moi étions toutes les deux dans cette formation et nous avions des affinités sans pour autant avoir les mêmes esthétiques. Nous avons fondé la Compagnie de la Lune noire en 2013. En ce qui me concerne, je suis très influencée par le cinéma, et particulièrement sur le registre de l’Horreur et des Cartoon. Je suis très sensible aux voix, j’ai pu travailler sur plusieurs projets de voxographie.
En termes esthétiques, je suis attachée au dialogue entre des dimensions un peu surannées, anciennes, et à la fois je suis très pleine de cinéma, d’images vidéo.
Les premières créations du couple Ambre Cossali et moi même (co directrices de la Compagnie) ont été influencées par un de nos intervenants de jeu burlesque à la Scène sur Saône sur des techniques de Mumming Play (forme burlesque festive aux canevas et improvisations). « Merry Actors of Beaujolais » est le premier spectacle que nous avons créé autour de la thématique du vin.

Nous avons créé d’autres formes de Mumming play (spectacle « La vérité sur la véritable histoire véridique de la véritable quête du grâaleux », en tournée depuis 2013) en tentant d’y adjoindre d’autres formes théâtrales, notamment pour notre spectacle « Cabaret Macabre » qui entamait un glissement vers l’univers Grand Guignol, que nous avons assumé et précisé par la suite. Nous avons travaillé aussi sur la forme du mimodrame avec musique (spectacle « Les parfums de la trahison »)

J’avais très envie d’aller plus loin dans le registre du théâtre d’horreur. J’ai mené beaucoup de recherches. Je me suis recentrée sur le thème du Cannibalisme qui m’intéressait. Je me suis entourée de plusieurs artistes pour réfléchir à une création autour de ce thème. J’ai pu découvrir un certain nombre d’oeuvres courtes de Grand Guignol.

Les deux prochaines créations sont issues de ce registre : nous présenterons « Crime dans une maison de fous » d’Alfred Binet et André De Lorde puis « L’homme qui avait vu le diable » de Gaston Leroux. Nous avons fait le choix d’une forme de lectures spectacles ; toute la difficulté est de créer de l’épouvante dans une époque où le cinéma est roi dans ce domaine, et où le théâtre ne peut pas rivaliser avec les mêmes outils. Nous avons donc cherché dans l’immersif, et disposé les choses afin que l’imaginaire prenne le dessus. Les premiers essais réalisés au Croiseur de Lyon ont fait frissonné notre public donc nous sommes impatients de pouvoir représenter à nouveau ce travail au Carré 30 de Lyon (Du jeudi 27 au dimanche 30 novembre, et du jeudi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h30).

theatre-grand-guignol2

NR – Parlons production. Quel est votre parcours administratif ?

CP – Nous ne sommes pas encore professionnels. Nous sommes à l’orée de la demande de licence d’entrepreneur de spectacle, mais pour l’heure, nous sommes pris dans des contraintes de vie où chacun a un emploi alimentaire pour vivre. Nous occupons notre temps libre à créer, mais nous ne sommes pas encore sur des problématiques professionnelles. Ces questions viendront bientôt.

NR – Allez vous à la rencontre des autres compagnies qui font l’actualité locale ?

CP – Ambre est très active dans la rencontre des autres compagnies ; moi je me trouve un peu bloquée par mes activités professionnelles alimentaires et aussi par les autres activités qui me prennent du temps. Je rencontre essentiellement les collègues lors de stages. Il n y a pas encore une réelle dynamique de rencontre entre notre compagnie et les autres, mais cela arrivera sans doute lorsque nous serons professionnels.

NR – Est ce que vous vous renseignez sur les actualités qui touchent le statut d’intermittent du spectacle, à l’aube de votre arrivée dans l’âge professionnel ?

CP – Ambre est plus concernée que moi dans la lutte du Collectif Unitaire 69. Moi j’ai plus de difficultés à m’engager dans les actions de soutien; je manque de temps pour rencontrer les autres théâtreux locaux.

NR- Qu est ce qu on vous souhaite ?

CP – Pouvoir continuer à avoir la possibilité de développer notre imaginaire, trouver et faire notre place à Lyon.

Propos recueillis en novembre 2014

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :