Princesse Diane

1 octobre 2014 par delphineleroy69110

Compagnie Spectralex

De et par Diane Bonnot

 

Créer un spectacle jeune public n’est pas chose aisée. Les enfants sont des spectateurs tous aussi exigeants que les adultes mais d’une autre manière car ils n’ont pas encore acquis les codes sociaux de la représentation : rester silencieux, écouter jusqu’au bout, ne pas bouger pendant la représentation…nombre de spectacle destinés à ce public bien spécifique utilisent (par facilité ?) des ressorts de jeu médiocres et en guise de trame narrative une succession de gags sans intérêt et vidés de tout contenu ou engagement. Alors lorsqu’on tombe sur un spectacle qui se révèle de qualité, apte à captiver les enfants durant une heure, à parler aussi aux adultes par des messages à double sens et qui se trouve être ludique tout en délivrant un message avec des valeurs fortes, on en redemande !

Au début, j’ai eu peur. Quand une princesse arrive en sautillant toute de rose vêtue et s’assoit en soupirant sur l’herbe fraîche. Et puis j’ai ri de soulagement en comprenant toute l’ironie de la situation: dans Princesse Diane, la comédienne Diane Bonnot joue un personnage de princesse qui parodie le stéréotype de la princesse de conte de fées : fragile, naïve, maniérée et pas très dégourdie. Le personnage ne cesse de le dire : puisque je suis une princesse, je dois faire ci, je ne peux pas faire ça…sur un ton très précieux et enfantin, en soupirant d’aise et gloussant, et en agitant sa longue chevelure façon l’Oréal.

PrincesseDiane-photo-ManouLamy

La princesse Diane nous raconte une histoire ; très vite, nous nous apercevons qu’il s’agit de la sienne. Abandonnée à la naissance, elle est recueillie et élevée par des paysans. Jusqu’au jour où elle apprend avoir été adoptée et décide de partir à la recherche de ses vrais parents. Sur son chemin, elle rencontre de nombreux compagnons de voyage, mais aussi des brigands et un prince au nom imprononçable qui s’avèrera être un véritable malotru. Schéma classique de conte de fées au départ, l’histoire sort petit à petit des sentiers battus pour s’engager franchement dans la grande forêt de la parodie : le prince changé en grenouille devient un chien transformé en ours (qu’il faut quand même embrasser !) le mignon petit cochon se transforme en cochon adolescent qui fume, se drogue et baise à tout va…les enfants rient de la drôlerie des personnages, les parents de celle des situations, qui se moquent ouvertement des stéréotypes de genre propres aux histoires pour enfants, surtout celles destinées aux petites filles. Finalement princesse Diane ne retrouvera pas ses parents, mais qu’importe ? Elle est la première princesse à avoir survécu seule dans la forêt sans l’aide de bonnes fées ou d’un prince charmant. Et ça, elle ne le sait peut-être pas, mais c’est une grande victoire !

 

Delphine Leroy

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